Double.me par Otosan et Miki Makasu

Sorti récemment pour un prix de lancement très attractif (5 euros), Double me arbore un synopsis assez alléchant  cliquer ici pour lire le synopsis. Edité chez Ankama,dessiné par Otosan et scénarisé par Miki Makasu, ce seinen de style thriller psychologique innove dans le décor du manga français.

Sur fond de rivalités amoureuses, meurtres et applications de portable, les auteurs nous plongent dans un titre décidément très contemporain.

Les problématiques des jeunes d’aujourd’hui (enfin pas toutes) nous sont donc exposées par les auteurs avec un récit assez dynamique. Le dessin d’Otosan est simple mais efficace. Certains lui ont reproché d’avoir un trait trop irrégulier conférant à l’oeuvre une lecture en demi teinte, surtout sur les visages. Personnellement je n’ai pas le niveau d’exigence de certains lecteurs/fans/dessinateurs à l’œil expert et n’ai donc pas été dérangé par cet aspect. Par contre le chara design est peut être un poil simpliste, parti pris par les auteurs ou le fruit du hasard ? Ils pourront peut être nous le confier un jour 😉 ! Néanmoins le travail réalisé par Otosan est plus que correct et met bien en image le scénario de Miki Makasu qui prend des tournures alambiquées et surtout qui a tendance à s’assombrir au fil de la lecture. Le côté sombre de l’histoire se retrouve sur le plan graphique avec l’utilisation du noir dans pas mal de page, cela confère à Double me un petit aspect Gekiga pas déplaisant. On retrouve aussi un peu de Mirrai Niki avec ces protagonistes légèrement dérangés (doux euphémisme), n’ayant pas vu Black mirror je ne peux faire de parallèle, je n’en dirai pas plus pour ne pas trop dévoiler l’intrigue.

L’approche des auteurs sur les nouvelles technologies et notamment l’intelligence artificielle est efficace, l’omniprésence des réseaux sociaux aujourd’hui ne peut être qu’une source d’inspiration et eux n’en n’ont pas manqué en inventant cette application capable de remplacer virtuellement un ami ou un proche décédé. On se rend compte que la « vie » via ces réseaux peut donc être remplacée par une IA, on peut donc se questionner sur notre existence à travers ceux ci. Dans les faits, celui qu’on est avec des vrais amis faits de chairs et d’os et celui qu’on aimerait être avec les E-copain (attention néologisme :p) sont différents, en effet il y a une sorte de « mise en scène  » dans les réseaux socio où tous les défauts disparaissent !
Ce qui est intéressant dans l’approche des auteurs c’est cette possibilité de se faire remplacer, la technologie est presque à ce niveau, peut-être même qu’elle l’est déjà et si on y pense un peu il y a de quoi avoir envie de se méfier de ceux avec qui on parle via les smartphones. [Mode parano off] Tout ça pour dire qu’avec Double me nous ne sommes pas juste en présence d’une histoire de lycéens, ce thriller psychologique nous amène sur des sentiers peu explorés par les auteurs francophones et je rejoins Dnuht sur ce point : Ça fait du bien de lire du seinen francophone.

Pour conclure sur cette chronique qui se veut le reflet de mon impression sur cette lecture, je dirai que la mayonnaise a bien pris dans ce duo d’auteur, ils ont un contenu intéressant qui j’espère va continuer à évoluer. La fin du premier tome laissant présager une tournure dans l’histoire, j’imagine que le second tome nous réservera des surprises.

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